Abattoirs Gad: 889 salariés au chômage forcé

Dans le Finistère, 889 salariés de la société bretonne d’abattage et de découpe de porcs Gad SAS sur environ 1.700 ont été mis sur la touche après que le tribunal de Rennes a validé, vendredi 11 octobre 2013, le plan de continuation d’activité présenté par la direction du groupe. Deux choix étaient possibles pour le tribunal : valider le plan de continuation -le seul à avoir été présenté- ou prononcer la liquidation judiciaire de l’entreprise.
«Même si ça fait des mois qu’on s’y prépare, c’est quand même dur à encaisser», réagissait peu après l’annonce Olivier Le Bras, représentant du personnel chez Force Ouvrière, lui-même employé à l’abattoir de Lampaul-Guimiliau, le site principalement touché par cette mesure. Vendredi soir, quelques 500 salariés et élus s’y étaient rassemblés pour organiser une chaine humaine et observer une minute de silence.
La direction de Gad SAS, entité du groupe coopératif morbihannais Cecab, avait présenté son plan mercredi lequel prévoyait la fermeture du site de Lampaul-Guimiliau, ainsi que ceux de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, environ 60 salariés) et du siège du groupe (50 salariés) près de Morlaix (Finistère). «On ne peut que déplorer la fermeture de sites à laquelle le groupe est contraint, néanmoins, 1.000 emplois bretons sont préservés, et c’était l’objectif», «on est satisfait», a dit pour sa part Laurent Jourdan, l’avocat du groupe. L’activité d’abattage et de découpe sera recentrée sur le second abattoir de Gad: le site de Josselin dans le Morbihan où 343 emplois pourraient être créés en plus des 600 actuels, selon la direction. Gad est déficitaire depuis 2008. En 2012, le groupe a accusé 20 millions d’euros de pertes, à cause entre autres de la baisse de la production porcine française fortement concurrencée à l’international.
Le gouvernement «ne laissera pas tomber les salariés» de Gad
Guillaume Carot, le ministre délégué à l’Agroalimentaire l’assure. Tandis que la moitié des postes de l’entreprise vont être supprimés, le gouvernement a détaillé vendredi soir, sous l’égide des ministres Guillaume Carot, Stéphane Le Foll (Agriculture) et Michel Sapin (Travail), une série de mesures destinées à accompagner les salariés licenciés. «L’urgence est aujourd’hui de permettre à chaque salarié licencié de retrouver un emploi», expliquent-ils dans un communiqué. D’abord, le contrat de sécurisation professionnelle a été activé afin d’accompagner pendant un an, en maintenant quasiment leurs salaires et en leur facilitant l’accès à la formation, les licenciés. Le ministre délégué à l’Agriculture a également appelé «à la solidarité de la filière pour voir les possibilités d’accueil des salariés licenciés» dans d’autres entreprises. Une plateforme territoriale d’accompagnement des mutations économiques sera par ailleurs mise en place sur le Nord Finistère. Et enfin, le gouvernement rappelle la future application d’un plan Bretagne destiné «à soutenir la réindustrialisation des territoires impactés».