EDF: le compteur Linky plus coûteux pour le consommateur ?

Le compteur intelligent Linky développé par Electricité Réseau Distribution de France (ERDF) pourrait s’avérer moins favorable que prévu aux consommateurs. Selon une enquête réalisé par l’UFC-Que choisir auprès de 201 foyers et rendue publique mardi 24 septembre, le dispositif défavorise plus de consommateurs qu’il ne produit de bénéficiaires. «L’arrivée du compteur Linky va faire disjoncter le portefeuille des consommateurs», résume Alain Bazot, président de l’UFC.

Moins de bénéficiaires que de défavorisés

L’enquête de l’UFC estime à 55 % la proportion de foyers en situation de «mal-abonnement», c’est-à-dire payant un prix inadéquat à leur consommation réelle d’énergie. Néanmoins, seuls 18 % (5 millions) des foyers sont en situation de «sur-abonnement», et payent plus qu’ils ne consomment. A l’inverse, 37% (10 millions) des ménages bénéficient d’un «sous-abonnement»: grâce à des compteurs qui ne disjonctent pas, l’afflux d’énergie dépasse le seuil fixé par l’abonnement, sans que cet excédent soit facturé.

Or, Linky a été conçu pour mettre de l’ordre dans cette situation et résoudre ce qu’ERDF considère comme une «anomalie contractuelle». Plus sensible que les autres compteurs, Linky disjoncte systématiquement si le niveau d’énergie excède celui de l’abonnement. Tandis que les «sur-abonnés» économiseront désormais 35 millions par an, l’addition sera plus salée pour les 10 millions de «sous-tarifés», pour qui le surcoût est évalué à 308 millions d’euros.
Alors que Linky était présenté comme un compteur gratuit pour le consommateur, l’UFC dénonce une augmentation des charges. D’autant que le changement d’abonnement sera lui-même facturé à tous les ménages, pour une recette de 545 millions d’euros.

ERDF critique les calculs de l’enquête

Marc Boillot, directeur Stratégie et grands projets d’ERDF s’est défendu en critiquant les calculs réalisés par l’association: «sur 201 compteurs, extrapoler à 10 millions, il y a un problème de méthodologie» a-t-il expliqué. Selon les Echos, une «expérimentation menée par la filiale d’EDF sur 300.000 foyers à Lyon et en Indre-et-Loire n’avait entraîné que 3.000 demandes d’augmentation de puissance». Une proportion largement inférieure (0,88%) à celle pointée du doigt par l’UFC.