La Chine, premier actionnaire de PSA Peugeot Citroën ?

Le chinois Dongfeng pourrait devenir le premier actionnaire de PSA Peugeot Citroën en détenant 30% du Capital, a révélé le Parisien, samedi 12 octobre 2013. La famille Peugeot détient actuellement 25,4% du groupe. «On étudie différents projets, industriel et commercial, avec différents partenaires et les modalités de financement qui pourraient y être associés. A ce stade, aucun projet n’est arrivé à maturité», a réagi un porte-parole de PSA, le constructeur automobile français n’ayant pas souhaité confirmer l’information du quotidien.
L’État français pourrait également entrer au Capital du groupe, lequel est allié depuis février 2012 au constructeur américain General Motors, qui en détient 7%. Mais, selon le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, l’entrée de l’État ou d’un constructeur au capital du groupe automobile français PSA n’est pas une question qui se pose en priorité «aujourd’hui». «La question aujourd’hui n’est pas d’abord celle de l’entrée de l’État ou d’un constructeur au capital, c’est celle des bons partenariats industriels à développer pour PSA», a-t-il déclaré samedi à Washington, en marge de l’assemblée du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. «La stratégie du constructeur est définie par la direction du groupe et celui-ci a déclaré travailler à l’extension du champ de ses partenariats industriels existants notamment avec deux partenaires, GM (General Motors) et Dongfeng». Le ministre a en outre rappelé que la France suivait «le groupe PSA avec attention» en apportant une garantie à la banque de PSA, PSA Finances.
PSA préparerait une augmentation de capital de trois milliards d’euros, partagée à égalité entre l’État français et Dongfeng, ont indiqué des sources proches du dossier. Les dirigeants syndicaux de PSA disent pourtant n’avoir aucune information sur ce projet. Christian Lafaye, de Force ouvrière, a seulement confirmé que des dirigeants de PSA étaient partis pour la Chine – «Ils sont partis hier». A la CFDT, Xavier Lellasseux s’est dit «agréablement surpris mais étonné» car «l’État français n’a pas beaucoup d’argent». «On ne s’attendait pas à ce que l’État injecte de l’argent dans le secteur automobile, d’autant que (le ministre du Redressement productif) Arnaud Montebourg a quand même dit que l’automobile n’était pas un secteur d’avenir». «Il faut regarder en face la situation de l’industrie automobile en France. Si cette industrie n’est pas requinquée rapidement, il n’y aura plus d’industrie automobile en France», a estimé Christian Lafaye (FO). Les deux représentants syndicats voient toutefois d’un assez bon œil l’arrivée de Dongfeng dans le capital de PSA.
La CGT «sceptique»
«Il faut que les travailleurs de Peugeot aient conscience que quelle que soit la nationalité du patron, il n’aura comme politique que de baisser les salaires et nous faire travailler plus durement à moins nombreux et qu’il faudra une mobilisation générale dans le groupe pour le faire reculer», a dit de son côté Jean-Pierre Mercier du site d’Aulnay-Sous-Bois, délégué central adjoint de la CGT, premier syndicat à PSA. «A la CGT, on est convaincu que de toute façon, si l’Etat devait prendre une participation plus ou moins grande dans le groupe, ça serait pour continuer cette politique de massacre des droits sociaux des salariés et de l’emploi».
PSA Peugeot Citroën possède déjà deux coentreprises en Chine : l’une à Shenzhen (sud-est) avec Changan, consacrée à la ligne DS et l’autre avec Dongfeng pour fabriquer des véhicules Peugeot et Citroën dans leurs trois usines de Wuhan (centre).