Revenir sur les 35 heures, c’est un un minimum

Le Sénat a adopté mardi 14 mai dernier, à l’issu d’un ultime vote, le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi, avec 169 voix pour, et 33 voix contre. Notre contributeur Yael Benom estime qu’il aurait fallu aller plus loin en revenant sur les 35 heures. «Travailler au moins 39 heures, comme tout le monde, voilà la principale flexibilité que l’on devrait imposer aux Français»

La compétitivité des entreprises françaises est particulièrement mauvaise en comparaison de celles des autres pays. Dans un monde globalisé, cela se traduit par des délocalisations, des faillites et un chômage record. La première chose à changer, comme le préconisent notamment Guillaume Pelletier, ou Valérie Pécresse, est de revenir sur les 35 heures, mesure mortifère pour l’emploi national.

La France et le tabou des 35 heures : pourquoi personne n’ose bouger ?
Interrogé sur Radio Classique par Guillaume Durand le 8 février dernier, Guillaume Peltier lançait une phrase lourde de sens : « Il faut sortir du tabou des 35 heures ».
En effet, cette mesure démagogique a prouvé depuis longtemps sa nocivité, pas seulement dans l’organisation des métiers qui ne peuvent pas se permettre ce rythme infantilisant (hôpitaux, restauration…), mais surtout sur l’emploi, via la compétitivité des entreprises.
Les 35 heures sont un joli coup politique de Martine Aubry, la proposition démagogique ultime : « ça vous dirait de pouvoir rentrer chez vous plus tôt ou de gagner plus d’argent en fin de mois ? » Évidemment, l’opinion publique est très largement favorable à cette idée et on ne voit pas pourquoi les Français voudraient travailler 4 heures de plus par semaine.
Du coup, toute modification de cette réforme par les politiques serait frappée du sceau de l’impopularité. Et que cherchent les politiques avant tout ? La popularité ! D’où le cercle vicieux et le tabou.
Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas eu le courage de sortir la France des dangereuses 35 heures ? Voilà une question qui trotte dans de nombreuses têtes des partisans de l’ancien président. Une question dont Valérie Pécresse n’a pas fait l’économie dans son livre « Voulez-vous vraiment sortir de la crise ? », où elle dresse le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Dans son chapitre «On a manqué d’audace», elle revient sur cette réforme nécessaire qui n’a pourtant pas été menée. L’ancienne ministre concède que le gouvernement aurait dû la «faire dix fois».
Pourquoi, alors, aurait-il fallu « faire dix fois » cette réforme, comme le premier ministre socialiste lui-même l’avouait à demi-mot ?

Les 35 heures : en quoi est-ce un drame pour l’économie nationale ?
Comment les entreprises françaises peuvent-elles sérieusement rivaliser avec leurs adversaires (qu’on le veuille ou non, l’économie est au mieux un sport, au pire une guerre : quoi qu’il se passe, il faut toujours un vainqueur) si leurs travailleurs travaillent moins ?
La logique absurde des socialistes qui ont mis en place les 35 heures, en dehors de séduire leurs partisans les plus à gauche, veut que si les français travaillent moins, ces heures de travail pourront revenir à d’autres personnes et créer ainsi de l’emploi.
Comme si les petites et moyennes entreprises, qui concernent 80% des salariés français, pouvaient se permettre de recruter un personne supplémentaire quand leurs employés travaillent 4 heures de moins par semaine…
Comme si, surtout, le travail dans un pays était un gâteau à partager, qui ne pourrait ni réduire, ni grossir.
L’histoire nous prouve chaque jour au combien ils avaient tort !
Une petite comparaison internationale s’impose pour conclure sur les 35 heures. Sans parler de la réputation de la France pour les investissements ou du simple rire que vous provoquerez en parlant des 35 heures devant un étranger, il est clair que les Français travaillent mois que les autres. Ils ne sont pourtant pas plus heureux, comme en atteste le chiffre record de consommation d’antidépresseurs de notre pays.
Ainsi, selon une étude de l’institut COE-Rexecode, « la durée effective moyenne de travail des salariés à temps complet en France, est, avec la Finlande, la plus faible de l’Union européenne : 1 679 heures par an en France, 1 856 au Royaume-Uni, 1 813 en Italie, 1 904 en Allemagne. »
Travailler au moins 39 heures, comme tout le monde, voilà la principale flexibilité que l’on devrait imposer aux Français : qu’on ne cherche pas plus loin le premier motif de la situation économique de notre pays !